Assise devant le groupe de musiciens en train de jouer, je lève la tête: "Rooms for rent"suivi d'un téléphone, dit une pancarte accrochée au balcon d'un vieil immeuble dans la rue Defensa.
J'envoies un message pour savoir le prix de la chambre.
Le truc c'est que je devais rejoindre Sven, le mardi, dans l'autre maison que j'avais trouvé rue Piedras et dans laquelle j'avais réservé, moyennant monnaie, une chambre. Mais après tout si cette annonce pouvait offrir quelque chose de mieux, moins cher ou plus agréable pourquoi ne pas tenter, in extremis, avant d'emménager dans l'autre...
Après quelques tours dans la féria, un peu lasse du bruit et des odeurs de la rue, ne trouvant pas ma place pour rien et dans rien, je reçu un message. La chambre pouvait se visiter le lendemain.
A midi j'arrivais. Lucy m'accueillait du haut de son bon mètre 8O, sortant de la douche, les cheveux blonds cendrés encore humides. La maison était immense, 6 pièces, un patio, une cuisine une salle de bain, 4 chats, internet, des vélos, une machine à laver, un piano et une collection de disques rock 70 impressionnante.
Lucy m'offrit un capuccino et ont s'assit dans le salon pour parler. Elle était pianniste et son amoureux était parti un temps pour faire le point alors elle se retrouvait seule dans la grande maison familiale. J'avais mon badge F. Zappa, elle était fan.
Mais il ne pouvait pas ne pas y avoir un loup dans toute cette histoire, c'était trop beau. Rencontrer une proprio si sympa; on n'avait pas encore parlé du prix...
Quand tout à coup elle demanda qu'elle était mon budget...900 lui dis je.
Alors elle dit que normalement elle louait pour 1000, ce que je payais à rivadavia et ce pour quoi je m'en fus... Mais absolument surprenante, elle dit que 850 ça serait très bien. Je restais un peu hésitante devant tant de sympathie mais elle changea de sujet et nous nous mimes à parler de Kirshner, là encore elle avait un point de vue originale. Mais elle changeait de sujet à une vitesse que j'avais du mal à suivre. Elle n'avait rien de ce que j'avais pu trouver chez d'autres Argentins et à tel point que c'était douteux. Finalement je l'appellerai quand j'aurais décidé et surtout choisi entre les deux maisons qui s'offraient alors à moi au même moment.
J'appelais Sven, et passais à Piedras. J'avais déjà fait mon choix mais je perdais l'avance que j'avais donné pour la réservation...alors j'appelais la proprio pour lui demander si je pourrais rester le nombre de jours égal à la somme de la réservation. Je devais quitter la pension le mardi et n'avait nul part où aller car je ne pensais pas pouvoir emménager si vite chez Lucy.
J' eue pour réponse un NON féroce, car la réservation valait si je restais un mois dans la maison et que comme je ne resterai que 3 jours ça ne marchait pas. Alors je tentais d'expliquer que mon doute, quand à cette maison, venait aussi de plusieurs choses qui m'avait déplue en la visitant de nouveau quand Sven m'invita un soir à manger. Le chauffage dans la chambre faisait un bruit terrible, internet ne marchait pas, le four non plus et surtout Fatima (si si y'en a un qui le croira pas) vivait là bas et prenait un peu le chou quant à l'orgnisation de la vie en communauté, petite surprise bien cachée lors la première visite de la maison.
Alors elle me dit qu'elle ne voulait plus parler avec moi et elle me raccrocha au nez. Ne jamais vexer un argentin!
Alors le mardi je m'en fus vers Lucy que je réussis à joindre à 1H30 du mat la veille pour l'informer que je débarquerais à 11H le lendemain.
Elle avait tout préparer et offrit même de m'aider au déménagement car 4 rues nous séparaient de la pension. Serviettes de toilettes neuves, couette neuve, petites bougies et parfum d'ambiance dans des photophores. La maison était divine encore plus que la veille.
Mélissa me rejoint et nous partîmes à l'école.
C'était le jour de la projection de notre petit court métrage pour donner une idée du lieu du futur documentaire. Nous fumes acclamées. Le prof rendit aussi le devoir photo et au bas de la dernière page un "Muy bueno trabajo! Notre carnet de bord fut aussi récompenser.
Je retrouvais la maison le soir accompagnée de Marie, enchantée par les lieux. Elle viendrait dans un mois car Lucy règle une des 4 autres chambres pour un prix que dérisoire sachant que Marie n'a pas non plus le sous.
Et puis il y eu le match Argentine/ Brésil et alors Lucy me rappela ses origines, que j'avais jusqu'ici presque oublié. Elle hurlait devant la télé en traitant les jouers de "pelotudos" hummm...ça donne... "lourdaud". Fallait voir ça!
Et voilà j'étais là, au chaud avec rien qui manquait. Juste ces choses à régler avec moi même mais comme il n'y avait plus à penser au matériel, la voix s'ouvrait.
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