Cela fait un moment que je n'ai pas pris le temps de conter... Moins facile avec cette pension sans internet et aussi beaucoup de travail cette dernière semaine.
Vendredi, j'ai avancer le montage du voyage de l'an dernier. Je me passionne pour ça en ce moment car avec ce froid et aujourd'hui cette pluie, il fait bon être au chaud même si à la pension dans ma chambre, il n'y a pas de chauffage et que je me la joue écrivain maudit avec mes pulls superposés et mes mitaines (merci soeurette au fait, tu ne doutes pas de l'utilité de ton cadeau de l'an dernier à Noël, gentiment cousu avec maman).
Samedi, j'ai fait visiter à Sven la maison où je déménage le 23. Il y a une chambre libre en face de la mienne et comme son amie Delphine arrive le 20 pour un mois, qu'il y a deux lits jumeaux, que la proprio de Rivadavia la ferait payer, Sven a decidé de me rejoindre. Me voilà ravie, Sven est vraiment devenu un bon ami et j'ai hâte de rencontrer Delphine que j'ai souvent eu au téléphone quand j'étais encore à la maison avec eux.
Mélissa, pour sa part, va aller dans la maison de l'ancien mari de Claudia, la proprio de Rivadavia. Il est contrebassiste et tout son groupe de Jazz habite avec lui dans cette grande maison. Mélissa a longtemps hésité car Louis et Emerick voulaient qu'on trouve tous ensemble quelque chose de grand mais je crois que je projet ne me séduisais pas tant que ça du coup j'ai un peu éclaté la bulle et je crois que tout le monde est ravie au final. Ca va faire un peu bizarre après un mois de vie tous ensemble mais c'est pour mieux se retrouver.
Ensuite, avec Méli, on est allées à Caballito car une nouvelle consigne de travail avait été donné en cours mardi. Faire un petit montage caméra de 5 minutes pour donner une vue d'ensemble du lieu et du documentaire. Montage caméra veut dire que tout doit être pensé avant de filmer car les séquences doivent s'enchaîner sans montage a posteriori sur un ordinateur.
Je suis arrivée un peu avant Méli à la station de train et Fernando, le directeur du centre, finissait de manger dans un petit bar de quartier en face. Je le vis au loin à travers la vitrine et au même moment il tourna la tête et m'aperçut. En attendant Mélissa, nous discutâmes de la France, des loyers et du travail. Il y a toujours ce thème incessant: La confusion entre le PIB du pays et le porte monnaie de la population. Quand je dis à Fernando que Rivadavia me coûte trop chèr, il dit que ça ne fait que 250 euros quand même et que ça n'est rien pour moi. Ils ne comprend pas tout de suite que je suis ici depuis 4 mois et encore pour 6 et que 250 euros par mois c'est une sacrée somme et que c'est toujours plus que 125, et que mes euros sont des pesos maintenant et que je ne travaille pas sinon que j'ai fait des économies.
J'explique alors que quand on est jeune et qu' on travaille 25 à 30h par semaine dans une quelconque entreprise et qu'on veut habiter Paris, on a plus grand chose pour manger, sortir et payer les factures. Que ça n'est pas parce que le pays est riche que les gens le sont. Plus riche qu'eux en Argentine c'est sûr mais pas dans mon pays.
Je ne suis pas en vacances quoi! Je paie un loyer! Bon enfin il a accepté ma théorie, mas o menos et Méli est arrivée.
Dans le centre une ambiance de samedi mais moins euphorique que celui passé.
Nous commençons à discuter du film, à trouver des idées; on est bien efficaces ensemble.
Puis en 2H et demi, on invente une histoire et le centre, remplis de petites décorations partout, nous donne la matière pour la raconter en images.
On quitte la station pas peu fières.
Le soir, deuxième édition de la fête afrocaribéenne. Je distribue les derniers flyers aux touristes de San telmo avant de rejoindre le gymnase pour m'installer à la caisse. une heure se passe, deux heures se passe et on commence à se demander si quelqu'un va enfin arriver pour mettre un peu d'ambiance dans cette grande salle plongée dans le clair obscur... Puis une, deux, trois personnes et 6 et 12 et 18...ça ne s'arrête pas. Le concert commence, je dois ruser pour réussir à faire payer les amis des amis qui racontent qu'ils sont pauvres et que 10 pesos ca fait un peu cher et qu'ils sont amis du percussionniste. Mais je dis que les amis doivent d'autant plus payer que les étrangers, car ils viennent soutenir. Finalement 52 entrées sont vendues, tous les musiciens sont payés ce qu'on leur avait promis plus un bénéfices et on mon travail est aussi récompensé.
La fête est belle et chaleureuse, tout le monde danse. J'ai même l'honneur de partager une salsa sur la piste de danse déserte avec un danseur professionnel.
Juste une panne de courant de 5 minutes dans le quartier donne à mes bougies, posées sur chaque table, un joli moment de vie, quand le groupe se met à jouer "El Mapalé" qui dit "prende la vela", allume la bougie.
J'ai oublié de vous dire mais je me suis retrouvé dans la fac de psy mais je vais complètement changé de sujet car un épisode fâcheux s'est produit cette après midi et je me trouve désemparée. Je ne sais pas à quelle mesure le blog peut contenir ma vie privée mais finalement il pourrait avoir quelque chose d'un journal, dans l'esprit de Sophie Calle.
Seulement elle met des initiales, elle, pour parler des gens...
Je reviendrais plus tard en meilleure forme c'est solution la plus sensée.
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