jeudi 19 juin 2008

Lucy, tombée du ciel

Dimanche dernier à le feria de San telmo:
Assise devant le groupe de musiciens en train de jouer, je lève la tête: "Rooms for rent"suivi d'un téléphone, dit une pancarte accrochée au balcon d'un vieil immeuble dans la rue Defensa.
J'envoies un message pour savoir le prix de la chambre.
Le truc c'est que je devais rejoindre Sven, le mardi, dans l'autre maison que j'avais trouvé rue Piedras et dans laquelle j'avais réservé, moyennant monnaie, une chambre. Mais après tout si cette annonce pouvait offrir quelque chose de mieux, moins cher ou plus agréable pourquoi ne pas tenter, in extremis, avant d'emménager dans l'autre...
Après quelques tours dans la féria, un peu lasse du bruit et des odeurs de la rue, ne trouvant pas ma place pour rien et dans rien, je reçu un message. La chambre pouvait se visiter le lendemain.

A midi j'arrivais. Lucy m'accueillait  du haut de son bon mètre 8O, sortant de la douche, les cheveux blonds cendrés encore humides. La maison était immense, 6 pièces, un patio, une cuisine une salle de bain, 4 chats, internet, des vélos, une machine à laver, un piano et une collection de disques rock 70 impressionnante.
Lucy m'offrit un capuccino et ont s'assit dans le salon pour parler. Elle était pianniste et son amoureux était parti un temps pour faire le point alors elle se retrouvait seule dans la grande maison familiale. J'avais mon badge F. Zappa, elle était fan.
Mais il ne pouvait pas ne pas y avoir un loup dans toute cette histoire, c'était trop beau. Rencontrer une proprio si sympa; on n'avait pas encore parlé du prix...
Quand tout à coup elle demanda qu'elle était mon budget...900 lui dis je.
Alors elle dit que normalement elle louait pour 1000, ce que je payais à rivadavia et ce pour quoi je m'en fus... Mais absolument surprenante, elle dit que 850 ça serait très bien. Je restais un peu hésitante devant tant de sympathie mais elle changea de sujet et nous nous mimes à parler de Kirshner, là encore elle avait un point de vue originale. Mais elle changeait de sujet à une vitesse que j'avais du mal à suivre. Elle n'avait rien de ce que j'avais pu trouver chez d'autres Argentins et à tel point que c'était douteux. Finalement je l'appellerai quand j'aurais décidé et surtout choisi entre les deux maisons qui s'offraient alors à moi au même moment.

J'appelais Sven, et passais à Piedras. J'avais déjà fait mon choix mais je perdais l'avance que j'avais donné pour la réservation...alors j'appelais la proprio pour lui demander si je pourrais rester le nombre de jours égal  à la somme de la réservation. Je devais quitter la pension le mardi et n'avait nul part où aller car je ne pensais pas pouvoir emménager si vite chez Lucy.
J' eue pour réponse un NON féroce, car  la réservation valait si  je restais un mois dans la maison et que comme je ne resterai que 3 jours ça ne marchait pas. Alors je tentais d'expliquer que mon doute, quand à  cette maison, venait aussi de plusieurs choses qui m'avait déplue en la visitant de nouveau quand Sven m'invita un soir à manger. Le chauffage dans la chambre faisait un bruit terrible, internet ne marchait pas, le four non plus et surtout Fatima (si si y'en a un qui le croira pas) vivait là bas et prenait un peu le chou quant à l'orgnisation de la vie en communauté, petite surprise bien cachée lors la première visite de la maison.
Alors elle me dit qu'elle ne voulait plus parler avec moi et elle me raccrocha au nez. Ne jamais vexer un argentin!

Alors le mardi je m'en fus vers Lucy que je réussis à joindre à 1H30 du mat la veille pour l'informer que je débarquerais à 11H le lendemain.
Elle avait tout préparer et offrit même de m'aider au déménagement car 4 rues nous séparaient de la pension. Serviettes de toilettes neuves, couette neuve, petites bougies et parfum d'ambiance dans des photophores. La maison était divine encore plus que la veille.
Mélissa me rejoint et nous partîmes à l'école.

C'était le jour de la projection de notre petit court métrage pour donner une idée du lieu du futur documentaire. Nous fumes acclamées. Le prof rendit aussi le devoir photo et au bas de la dernière page un "Muy bueno trabajo! Notre carnet de bord fut aussi récompenser.

Je retrouvais la maison le soir accompagnée de Marie, enchantée par les lieux. Elle viendrait dans un mois car Lucy règle une des 4 autres chambres pour un prix que dérisoire sachant que Marie n'a pas non plus le sous.

Et puis il y eu le match Argentine/ Brésil et alors Lucy me rappela ses origines, que j'avais jusqu'ici presque oublié. Elle hurlait devant la télé en traitant les jouers de "pelotudos" hummm...ça donne... "lourdaud". Fallait voir ça!

Et voilà j'étais là, au chaud avec rien qui manquait. Juste ces choses à régler avec moi même mais comme il n'y avait plus à penser au matériel, la voix s'ouvrait.

lundi 9 juin 2008

L'hiver s' installe, on hibernerait bien

Bonjour à tous, 
Cela fait un moment que je n'ai pas pris le temps de conter... Moins facile avec cette pension sans internet et aussi beaucoup de travail cette dernière semaine. 
Vendredi, j'ai avancer le montage du voyage de l'an dernier. Je me passionne pour ça en ce moment car avec ce froid et aujourd'hui cette pluie, il fait bon être au chaud même si à la pension dans ma chambre, il n'y a pas de chauffage et que je me la joue écrivain maudit avec mes pulls superposés et mes mitaines (merci soeurette au fait, tu ne doutes pas de l'utilité de ton cadeau de l'an dernier à Noël, gentiment cousu avec maman).
Samedi, j'ai fait visiter à Sven la maison où je déménage le 23. Il y a une chambre libre en face de la mienne et comme son amie Delphine arrive le 20 pour un mois, qu'il y a deux lits jumeaux, que la proprio de Rivadavia la ferait payer, Sven a decidé de me rejoindre. Me voilà ravie, Sven est vraiment devenu un bon ami et j'ai hâte de rencontrer Delphine que j'ai souvent eu au téléphone quand j'étais encore à la maison avec eux.
Mélissa, pour sa part, va aller dans la maison de l'ancien mari de Claudia, la proprio de Rivadavia. Il est contrebassiste et tout son groupe de Jazz habite avec lui dans cette grande maison. Mélissa a longtemps hésité car Louis et Emerick voulaient qu'on trouve tous ensemble quelque chose de grand mais je crois que je projet ne me séduisais pas tant que ça du coup j'ai un peu éclaté la bulle et je crois que tout le monde est ravie au final. Ca va faire un peu bizarre après un mois de vie tous ensemble mais c'est pour mieux se retrouver.

Ensuite, avec Méli, on est allées à Caballito car une nouvelle consigne de travail avait été donné en cours mardi. Faire un petit montage caméra de 5 minutes pour donner une vue d'ensemble du lieu et du documentaire. Montage caméra veut dire que tout doit être pensé avant de filmer car les séquences doivent s'enchaîner sans montage a posteriori sur un ordinateur. 
Je suis arrivée un peu avant Méli à la station de train et Fernando, le directeur du centre, finissait de manger dans un petit bar de quartier en face. Je le vis au loin à travers la vitrine et au même moment il tourna la tête et m'aperçut. En attendant Mélissa, nous discutâmes de la France, des loyers et du travail. Il y a toujours ce thème incessant: La confusion entre le PIB du pays et le porte monnaie de la population. Quand je dis à Fernando que Rivadavia me coûte trop chèr, il dit que ça ne fait que 250 euros quand même et que ça n'est rien pour moi. Ils ne comprend pas tout de suite que je suis ici depuis 4 mois et encore pour 6 et que 250 euros par mois c'est une sacrée somme et que c'est toujours plus que 125, et que mes euros sont des pesos maintenant et que je ne travaille pas sinon que j'ai fait des économies.
J'explique alors que quand on est jeune et qu' on travaille 25 à 30h par semaine dans une quelconque entreprise et qu'on veut habiter Paris, on a plus grand chose pour manger, sortir et payer les factures. Que ça n'est pas parce que le pays est riche que les gens le sont. Plus riche qu'eux en Argentine c'est sûr mais pas dans mon pays.
Je ne suis pas en vacances quoi! Je paie un loyer! Bon enfin il a accepté ma théorie, mas o menos et Méli est arrivée.

Dans le centre une ambiance de samedi mais moins euphorique que celui passé.
Nous commençons à discuter du film, à trouver des idées; on est bien efficaces ensemble.
Puis en 2H et demi, on invente une histoire et le centre, remplis de petites décorations partout, nous donne la matière pour la raconter en images.
On quitte la station pas peu fières.

Le soir, deuxième édition de la fête afrocaribéenne. Je distribue les derniers flyers aux touristes de San telmo avant de rejoindre le gymnase pour m'installer à la caisse. une heure se passe, deux heures se passe et on commence à se demander si quelqu'un va enfin arriver pour mettre un peu d'ambiance dans cette grande salle plongée dans le clair obscur... Puis une, deux, trois personnes et 6 et 12 et 18...ça ne s'arrête pas. Le concert commence, je dois ruser pour réussir à faire payer les amis des amis qui racontent qu'ils sont pauvres et que 10 pesos ca fait un peu cher et qu'ils sont amis du percussionniste. Mais je dis que les amis doivent d'autant plus payer que les étrangers, car ils viennent soutenir. Finalement 52 entrées sont vendues, tous les musiciens sont payés ce qu'on leur avait promis plus un bénéfices et on mon travail est aussi récompensé.
La fête est belle et chaleureuse, tout le monde danse. J'ai même l'honneur de partager une salsa sur la piste de danse déserte avec un danseur professionnel.
Juste une panne de courant de 5 minutes dans le quartier donne à mes bougies, posées sur chaque table, un joli moment de vie, quand le groupe se met à jouer "El Mapalé" qui dit "prende la vela", allume la bougie.

J'ai oublié de vous dire mais je me suis retrouvé dans  la fac de psy  mais je vais complètement changé de sujet car un épisode fâcheux s'est produit cette après midi et je me trouve désemparée. Je ne sais pas à quelle mesure le blog peut contenir ma vie privée mais finalement il pourrait avoir quelque chose d'un journal, dans l'esprit de Sophie Calle.
Seulement elle met des initiales, elle, pour parler des gens...
Je reviendrais plus tard en meilleure forme c'est solution la plus sensée.